Wissem Baba-Moussa

Doctorant | CEDP
wissem.baba-moussa@minesparis.psl.eu

Titre de la thèse

Mesure et évaluation de l’impact des politiques de rénovation énergétique des logements en France

Résumé

Face à l’urgence croissante des défis environnementaux et climatiques à l’échelle mondiale, la France a adopté, en 2015, la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC), dans le cadre de la Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV). Ce plan constitue la feuille de route nationale pour lutter contre le changement climatique, en orientant la transition vers une économie à faible émission de carbone dans tous les secteurs. Deux objectifs majeurs sont au cœur de cette stratégie : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et réduire l’empreinte carbone des modes de consommation des Français. Dans cette perspective, la SNBC 2050 fixe des objectifs ambitieux, appuyés par un cadre législatif, visant à améliorer la performance énergétique des bâtiments. La rénovation énergétique est identifiée comme un levier clé pour parvenir à ces fins, le secteur du bâtiment représentant le deuxième émetteur de gaz à effet de serre en France, avec 27 % des émissions de CO2 et près de 45 % de la consommation d’énergie finale. À ce titre, la France s’est fixé l’ambition de rénover 370 000 logements par an d’ici à 2030, avec une accélération prévue à 700 000 logements par an au-delà de cette date. Pour soutenir cette dynamique de rénovations à grande échelle, des dispositifs complémentaires ont été mis en place afin de garantir un logement décent à l’ensemble des citoyens. Les lois Énergie et Climat de 2019, ainsi que la loi Climat et Résilience de 2021, ont notamment introduit une exigence minimale de performance énergétique pour les logements mis en location. Ces mesures législatives sont soutenues par divers dispositifs d’aide, tels que MaPrimeRénov (MPR), les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), ou encore le chèque énergie, témoignant de l’engagement résolu de la France dans la lutte contre le changement climatique et la poursuite de l’objectif de neutralité carbone. C’est dans ce contexte que s’inscrit cette thèse, qui se propose d’évaluer l’impact des politiques de rénovation énergétique en France à travers trois axes d’analyse. Le premier chapitre se concentre sur l’évaluation de l’efficacité des travaux de rénovation, en comparant les consommations d’énergie conventionnelles et les consommations réelles des ménages, afin d’apprécier l’impact concret des politiques menées. Le deuxième chapitre élargit la réflexion en étudiant les répercussions des travaux de rénovation sur la santé des occupants et le confort thermique, mettant en lumière les implications sociales et sanitaires de ces politiques. Enfin, le troisième chapitre s’intéresse aux conséquences des rénovations sur le marché immobilier, en analysant leur influence sur la valeur des biens immobiliers et sur l’offre de logements. Cette approche multidimensionnelle a pour but d’offrir une compréhension plus fine et nuancée de l’efficacité des politiques de rénovation énergétique en France, tout en apportant des éléments précieux aux décideurs publics et aux acteurs de terrain.