Sessions 1 & 2 des Doctoriales 2024
Entreprises, écosystèmes, start-ups
Cette session était animée par Hervé Dumez (CRG)
Orso ROGER (CSI) Concevoir et organiser le futur : les pratiques de prospective comme dispositif stratégique. En mars 2018, Leonard, la plateforme de prospective et d’innovation du groupe VINCI nouvellement créée, lançait une démarche de prospective sur l’intelligence artificielle. Moins d’un an plus tard était actée la création d’un parcours d’intrapreneuriat en IA à destination des salariés du groupe. Comment comprendre le lien que font les acteurs entre ces deux évènements ? Comment l’exploration du futur au travers de pratiques de prospective participe-t-elle à bâtir ce qui précisément n’existe pas encore ? Enfin, comment ces pratiques d’anticipation sont-elles organisées pour produire des effets et participent ainsi à renouveler la place accordée au futur dans l’activité économique et entrepreneuriale ? Ces questions qui se posent avec force aux entreprises représentent également un enjeu scientifique. En effet, la multiplication des discours sur le futur – par exemple dans la sphère environnementale, et l’intérêt renouvelé pour la prospective – porté par des méthodes plus créatives ou participatives et par un retour à la mesure – interrogent la manière dont les acteurs économiques font sens du futur et de l’incertitude qui semblent désormais le caractériser. Télécharger l’intégralité de la présentation
Pol MORVAN (CERNA) Taille des entreprises, structure et géographie : “La thèse en économie sur laquelle je travaille s’intéresse à l’attractivité des entreprises, leur structure ainsi que leur relation à la géographie. Elle s’articule en 3 axes ou chapitres qui sont initialement présentés sous forme de papiers pour favoriser la dissémination scientifique. Le premier chapitre traite de la fixation stratégique des salaires par les entreprises, dans un contexte local, où la distance des employés à leur lieu de travail ainsi que la concentration non uniforme de ces employés mène a des asymétries concurrentielles entre les entreprises. Je m’intéresse également au cours de ce chapitre à la structure des entreprises.” Télécharger l’intégralité de la présentation
Ugo RABENJAMINA (SES) Vers une compréhension approfondie des écosystèmes d’innovation : typologie, évaluation de la santé écosystémique et rôle des plateformes technologiques La littérature sur l’open innovation a largement exploré les relations entre grands groupes etstartups. Ces relations associent généralement un grand groupe, exprimant des besoinsd’innovation, à des startups proposant des solutions technologiques. Les recherches ontsouvent mis l’accent sur le transfert de connaissances et de technologies des petitesentreprises aux grandes. Cette approche “égocentrique” restreint la compréhension desinteractions complexes entre ces acteurs (Klimas et Czakon, 2022). En réalité, l’inspiration est réciproque : les grandes entreprises puisent des idées auprès des startups pour orienter
leurs activités d’exploration, tandis que les startups s’inspirent des grandes entreprises pour guider leurs activités d’exploitation (Binns, O’Reilly et Tushman, 2022). Ce processus est complexe en raison de l’enchevêtrement de dimensions socioculturelles, institutionnelles, technologiques et organisationnelles, impliquant des interactions internes et externes (Kilelu et al., 2013 ; Yun, 2016). Kilelu et al. (2013) préconisent une perspective systémique pourappréhender cette complexité, soulignant l’interdépendance des acteurs, activités et enjeux. Télécharger l’intégralité de la présentation
IA, digital, évaluation
Cette session était animée par Fabian Muniesa (CSI)
Thomas Le Bonniec (SES) Les travailleurs de l’IA, un angle mort de la régulation autour des données personnelles. Lorsque l’on envisage la production de l’Intelligence Artificielle à la manière d’un champ économique[i], celui-ci est défini par un ensemble de règles à suivre. Si on étudie le droit, on se demande comment formaliser ces règles : ce sont l’AI act, le RGPD, le DSA, le DMA, etc.Si l’on s’intéresse à la manière dont ces règles sont appliquées, on étudie la régulation, c’est-à-dire toutes les parties prenantes chargées d’interpréter ces règles et de les appliquer, qui font l’objet de rapports de force importants. C’est le concept de « pacte de régulation » qui sert alors à comprendre comment l’industrie de l’intelligence artificielle, mais aussi les associations de défense des libertés publiques, et éventuellement des travailleurs de l’IA s’engagent dans ce débat afin de pousser les institutions chargées de la régulation à produire une certaine interprétation du droit. Télécharger l’intégralité de la présentation
Lara Abdel Halim (CRG) Adoption, appropriation et résistance aux outils d’IA en contexte professionnel L’adoption de l’Intelligence Artificielle (IA) a connu une expansion remarquable au cours des dernières années, presque doublant depuis 2017 pour passer de 20 % à 50 %. Toutefois, il est essentiel de noter que de nombreux projets d’IA échouent souvent au stade du déploiement, engendrant ainsi des coûts substantiels pour les entreprises. Cette augmentation de l’usage de l’IA présente des défis complexes qui nécessitent non seulement des améliorations technologiques, mais aussi une compréhension approfondie des dimensions humaines et organisationnelles. Positionnée à la croisée des sciences de gestion et des sciences sociales, cette thèse a pour objectif d’identifier les obstacles rencontrés par les entreprises dans l’intégration des outils d’IA. Les cadres théoriques actuels pour l’adoption technologique ne sont pas entièrement adaptés aux avancées en apprentissage automatique, car des différences significatives surgissent en matière de réglementation, de formation du personnel et de biais, en particulier avec l’IA générative. Télécharger l’intégralité de la présentation
Lauranne CHAIGNON (CSI) Contribution scientifique et manufacture de l’évaluation : le cas des chercheurs très cités Chaque année, au mois de novembre, parait la liste des Highly Cited Researchers (HCR), publiée par la société anglo-américaine Clarivate. Elle nomme les chercheurs qui comptent le plus de publications dans le top 1% des articles les plus cités au monde, sur une période de 11 ans. Cette liste constitue également un indicateur dans le classement de Shanghai, en comptant pour 20% du score total d’une institution. Bien qu’elle soit produite par une société commerciale, les chercheurs et les institutions de recherche interviennent dans son élaboration et son évolution. En l’utilisant dans le classement de Shanghai, la communauté scientifique s’est emparée de cette liste et l’a détournée de son usage initial. Télécharger l’intégralité de la présentation
Malik TERFOUS (CGS) Méthodes de co-design pour supporter les transitions grâce aux twins digitaux sur données d’observation de la terre.Les transitions contemporaines nous confrontent à d’importants défis,tels que la transition climatique, tout en nous offrant de nouvelles ressources,notamment sous la forme de données liées à la digitalisation. Toutefois, ces transformations se déroulent souvent entre des écosystèmes très éloignés sur les planstechnique, cognitif, et organisationnel, ce qui rend difficile toute action collective. Les recherches récentes ont démontré que des méthodes novatrices de co-design, connues sous le nom de “resilient-fit”, permettent de surmonter ces obstacles. Cette thèse vise àapprofondir ces méthodes en les adaptant à un nouveau contexte de co-design basé sur une plateforme, notamment un jumeau numérique de la Terre. En collaboration avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et la ville de Marseille, ce projet vise à faciliter une gestion efficace des transitions dans l’inconnu. Télécharger l’intégralite de la présentation
