Face au changement climatique, faut-il aider les populations à rester ou à partir?

Un article de François Lévêque

Trop investir dans la protection des territoires menacés risque, à terme, de rendre économiquement  et politiquement difficile le déplacement des populations lorsqu’il sera nécessaire.

La France bénéficie d’une politique d’adaptation de crise efficace face aux événements extrêmes. En revanche, les politiques d’adaptation au long cours pour se préparer au climat futur sont beaucoup moins avancées. Il faudra de plus en plus choisir entre celle qui passe par une transformation des activités sur place et celle qui favorise le déplacement des hommes et des biens. Soit,selon le vocabulaire consacré,choisir entre une politique d’adaptation qui vise à réduire la vulnérabilité et une politique d’adaptation qui vise à réduire l’exposition. Autrement dit,face au changement climatique,faut-il aider les populations à rester ou à partir ?

La première politique d’adaptation qui vient à l’esprit est celle qui protège les personnes et les infrastructures  face aux évènements extrêmes. Il faut se préparer à leur survenue et et réagir quand ils adviennent. Notre été a rendu cette adaptation de crise visible à l’œil nu ; annonces de risques, pompiers sur le terrain, plan blanc, etc.

Contrairement à une idée reçue, cette politique est grandement efficace en France. On a ainsi pu constater, en Gironde la rapidité avec laquelle les pompiers ont évacué les habitants menacés par les feux. Une prouesse logistique d’autant plus remarquable qu’il fallait acheminer en sens contraire les soldats du feu et leur matériel vers les zones en proie aux flammes. Le retour d’expérience des incendies de 2022 dans le Sud-Ouest a permis d’être mieux préparé et d’être plus efficace pour limiter les dommages aux personnes et aux biens.

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