Faut-il repenser l’accès aux données publiques à l’ère des algorithmes tout-puissants ? Les travaux de Yanis Fadili, récompensés par le prestigieux « Outstanding Paper Award » lors de la conférence IEEE Artificial Intelligence for Sustainable Innovation à Kuala Lumpur, soulèvent une question brûlante : l’open data, pilier de la transparence, pourrait-il devenir une porte ouverte sur notre intimité ?
- L’open data est une avancée majeure pour la transparence et l’innovation, mais aujourd’hui, la puissance des algorithmes d’intelligence artificielle génère de nouvelles menaces en permettant, à partir de nos « identités numériques passives », de révéler des informations sur les individus.
- À partir de simples relevés de température, Yanis Fadili a démontré comment l’intelligence artificielle peut reconstituer des pans entiers de nos existences – présence à domicile, habitudes de consommation, modes de vie. Un raisonnement valable pour bien d’autres données, de la consommation énergétique aux capteurs urbains. Ces « identités numériques passives », exploitées à des fins malveillantes, transforment l’open data en arme à double tranchant.
- Vers une régulation centrée sur la puissance des algorithmes ? Ses recherches, menées au sein de la Chaire Identité Numérique Responsable de Télécom Paris, sous la direction de Valérie Fernandez et Thomas Houy, interrogent : faut-il sacrifier l’ouverture des données pour protéger notre vie privée ? Ou inventer un nouveau cadre, capable de concilier transparence et protection face à des algorithmes toujours plus intrusifs ?
Yanis Fadili a reçu le prix « Outstanding Paper Award » dans la catégorie des articles de recherche qui contribuent le plus à éclairer le monde professionnel, lors de la conférence IEEE Artificial Intelligence for Sustainable Innovation à Kuala Lumpur, en Malaisie, le 26 août 2025.
Ses travaux s’inscrivent dans le cadre de la Chaire Identité Numérique Responsable, pilotée par Valérie Fernandez, qui co-dirige sa thèse avec Thomas Houy.
