Des «bifurqueurs» parmi les chercheurs en IA?

Un entretien de Tiphaine Viard, chercheuse à i3-NOS

Propos recueillis par Isabelle Mauriac, Télécom-Paris

À l’heure où l’intelligence artificielle est à la fois présentée comme un levier majeur de la transition écologique et pointée du doigt pour son empreinte énergétique croissante, une question émerge : que pensent les chercheurs en IA de cette tension ? Peuvent-ils, eux aussi, « bifurquer » face à la crise climatique ?

  • Tiphaine Viard a documenté le positionnement des chercheurs face à l’impact environnemental de l’IA dans une étude menée avec Simon Delarue, également chercheur à Télécom Paris, et Jean-Samuel Beuscart, professeur de sociologie à Sciences Po.
  • Leur étude repose sur un double dispositif. D’un côté, un vaste corpus de près de 10 000 articles scientifiques consacrés aux liens entre IA et environnement. De l’autre, une quinzaine d’entretiens approfondis menés avec des chercheurs ayant, à des degrés divers, réorienté leur trajectoire sous l’effet de préoccupations écologiques.
  • L’enquête met en lumière que l’IA n’est pas un objet neutre. Elle est traversée d’enjeux politiques, sociaux et écologiques. Face à cela, les chercheurs oscillent entre optimisation technique, repositionnement stratégique et remise en question radicale. Une diversité de réponses qui témoigne d’un champ en recomposition, où la liberté académique, loin d’être acquise, devient elle-même un terrain de négociation à l’ère de l’urgence climatique.
 

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