Améliorer la gestion des crises climatiques et la résilience des populations

Alors que les catastrophes climatiques se succèdent à un rythme de plus en plus rapide, Caroline Rizza apporte son regard de chercheure sur la gestion de crise et la résilience des populations confrontées à ces aléas climatiques de plus en plus violents et récurrents, et sur le rôle que le numérique peut y jouer.

Le Conseil de l’Europe a adopté fin 2023 les recommandations présentées par Caroline Rizza sur l’utilisation du numérique et notamment des médias sociaux et des applications mobiles pour la communication de crise, dans le cadre des menaces climatiques. Dans le même temps, elle est devenue chercheure associée au laboratoire ACROSS de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) à Hanoï au Vietnam. Elle a été reçue fin avril 2025 par l’Ambassadeur de France en Indonésie et la Ministre du tourisme indonésienne à Jakarta à l’occasion de la présentation des résultats de son projet de recherche « Stratégie de recherche transdisciplinaire sur la gestion de crise et la résilience des populations ».

Propos recueillis par Isabelle Mauriac

Des recherches qui font écho aux crises actuelles

 

Vous avez obtenu en 2024 un financement (projet Fonds Équipe France) de l’ambassade de France en Indonésie en collaboration avec l’ambassade de France au Vietnam pour la mise en place d’une « Stratégie de recherche transdisciplinaire sur la gestion de crise et la résilience des populations » dans ces territoires.

 

Oui et j’ai également obtenu un projet ANR (Agence Nationale de la Recherche) visant à définir une « approche transdisciplinaire des risques émergents sur un territoire pour repenser la gestion de crise face au réchauffement climatique » qui débute en septembre 2025 et qui sera mené en collaboration avec deux équipes de l’IRD à Montpellier et à Hanoï, avec l’équipe de génie industriel de l’IMT Mines Albi, avec qui j’avais déjà collaboré lors du précédent ANR MACIV sur l’intégration des initiatives citoyennes naissant sur les medias sociaux lors d’un évènement majeur, les entreprises Emerause et Sildaro spécialisées en gestion de crise et des acteurs publics et et de la société civile dont des services d’incendie et de secours, les ministères de la Transition écologique et de l’Intérieur et l’association VISOV (volontaires numériques en gestion d’urgence). Face au réchauffement climatique et ses impacts sur le  territoire, quel qu’il soit, je souhaiterais pouvoir créer un réseau d’acteurs experts transdisciplinaires (c’est-à-dire à la fois académiques et praticiens mais aussi de disciplines alliant les sciences humaines, les sciences informatiques, la data, le technique, etc.) et à l’international car, l’actualité le démontre, un regard plus large est nécessaire pour saisir l’ensemble des enjeux. Chaque discipline, chaque praticien porte un regard complémentaire sur le problème et une solution plus adéquate est obtenue lorsque ces visions parfois antagonistes réussissent à se croiser, à se parler et à collaborer. Les projets que je coordonne autour de la résilience du territoire face au réchauffement climatique se fondent sur l’idée que les risques émergents sur un territoire, pas forcément nouveaux mais plus violents et plus récurrents, nécessitent ou constituent une opportunité de repenser la collaboration interservices mais également et peut-être même surtout avec les citoyens lors de la gestion de l’évènement. Et cela ne peut se faire qu’en amont de la crise.

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