Le 19 mars, Mines Paris PSL a accueilli un événement majeur organisé par le Bauhaus des transitions, intitulé « Bien Gérer l’IA Générative ». Cette rencontre a réuni une cinquantaine de participants — chercheurs, industriels, acteurs publics et étudiants — pour débattre des transformations profondes que l’intelligence artificielle générative (IAg) provoque dans les organisations et les modes de gestion.
Le Bauhaus des transitions est une chaire d’enseignement et de recherche, au sein de Centre de Gestion Scientifique de Mines Paris – PSL, dédiée au management de l’inconnu, et a conçu cette rencontre pour explorer comment l’IAg redéfinit les formes d’action collective et les logiques de gouvernance. L’objectif était de comprendre comment cette technologie, bien au-delà d’un simple outil, transforme les pratiques de travail et les structures organisationnelles.
En ouverture, Antoine Bordas a retracé l’évolution rapide de l’IA générative, depuis ses débuts expérimentaux jusqu’à son intégration dans les entreprises. Cette technologie ne réduit pas la charge de travail, mais la transforme et l’intensifie, imposant de nouvelles compétences et une réorganisation des pratiques collectives. Entre 2023 et 2024, l’IAg a cristallisé de fortes tensions : entre fascination et inquiétude, promesses de productivité et risques de disruption, enjeux réglementaires et rivalités géopolitiques. À l’horizon 2025-2026, son intégration devient une réalité, soulevant la question de son articulation avec la gouvernance et la stratégie des organisations.
Une table ronde a ensuite réuni Sébastien M. (Dassault Systèmes), Nicolas M. (Ministère des Armées) et Sarah B. (LNE). Tous ont souligné les défis liés à l’adoption de l’IAg : rationalisation des processus, coordination humaine, transformation des métiers et exigence d’apprentissages dans un environnement en constante évolution. Nicolas M. a insisté sur le passage de l’usage expert à l’usage grand public, tandis que Sébastien M. a évoqué la course des entreprises pour intégrer ces outils encore instables. Sarah B. a rappelé la complexité de leur évaluation et leur transposition dans des environnements culturels différents.
Cette soirée n’est pas une conclusion, mais plutôt un point d’étape. Après 18 mois d’ateliers avec une diversité de partenaires industriels, le Bauhaus continue ses travaux pour comprendre : comment piloter l’intégration de l’IAg ? Comment construire des repères de gouvernance dans un environnement qui se transforme plus vite que les cadres pour le penser ? Le chaire Bauhaus des transitions s’affirment ainsi comme un acteur clé dans l’étude et la proposition de formes de gestion associées aux IAgs, avec l’ambition de produire des connaissances à la fois rigoureuses et mobilisables.
Pour en savoir plus sur le Bauhaus des Transitions
image de couverture générée par l’IA
